Kiribati
Nation d'atolls dispersée sur l'immensité du Pacifique central, seul pays présent dans les quatre hémisphères, en première ligne face à la montée des eaux.
de terres, sur 3,5 M de km² d'océan
Le pays en bref
Kiribati (prononcé « Kiribass ») est une nation d'atolls éparpillée sur une étendue colossale du Pacifique central : trente-trois îles minuscules dispersées sur plus de trois millions de kilomètres carrés d'océan, l'un des plus vastes domaines maritimes du monde pour l'un des plus petits pays par la terre. C'est le seul pays présent dans les quatre hémisphères, traversé à la fois par l'équateur et par le 180ᵉ méridien. Environ cent trente mille personnes, le peuple gilbertin, y vivent, surtout sur l'atoll de Tarawa. Très bas sur l'eau, le pays est l'un des plus menacés du monde par la montée des océans.
La géographie
Kiribati est faite presque uniquement d'atolls de corail : de fins anneaux de terre à peine émergés, encerclant des lagons, bordés de plages et de cocotiers. Il n'y a ni montagne ni rivière, et la plupart des atolls ne s'élèvent qu'à deux ou trois mètres au-dessus de la mer (seule l'île de Banaba atteint 81 mètres) : Kiribati est donc l'un des pays les plus directement menacés par la montée des eaux, au point que le gouvernement a acheté des terres aux Fidji pour l'avenir de son peuple. Les îles se répartissent en trois groupes, les Gilbert, les Phoenix et les Line, séparés par des milliers de kilomètres d'océan.
L'histoire
Peuplées il y a environ trois mille ans par des navigateurs austronésiens, les îles Gilbert virent se développer une société de clans, enrichie plus tard d'apports d'autres peuples du Pacifique. Au XIXᵉ siècle arrivèrent baleiniers et missionnaires, avant que les îles ne deviennent un protectorat britannique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'atoll de Tarawa fut le théâtre de l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre du Pacifique entre Américains et Japonais. Le pays devint indépendant en 1979 sous le nom de Kiribati et se bat depuis, sur la scène mondiale, pour alerter sur le sort des nations menacées par le changement climatique.
La langue et la foi
On parle le gilbertin (kiribati), une langue austronésienne océanienne, aux côtés de l'anglais, langue officielle. Le pays est très majoritairement chrétien, catholique et protestant depuis l'arrivée des missionnaires : l'église est le cœur de chaque village, et le chant choral y tient une grande place. Cette foi s'est fondue dans les valeurs traditionnelles de la communauté, du partage et du respect des anciens, qui restent au fondement de la vie sociale.
La culture et l'art de vivre
La culture gilbertine est celle d'un peuple de la mer, maître de la navigation et de la pêche sur des lagons immenses. Elle est célèbre pour ses danses, aux mouvements saccadés des bras et de la tête qui évoquent l'oiseau frégate, accompagnées de chants puissants et de percussions sur une natte. Au centre du village se dresse la maison commune (le maneaba), grande halle au toit de chaume où se prennent les décisions. On y pratique aussi le tressage, et l'on fabriquait autrefois des armures en fibre de coco. La vie tourne autour du poisson, de la noix de coco et du fruit de l'arbre à pain, sur des îles où l'espace et l'eau douce sont comptés.