Îles Marshall
Nation d'atolls du Pacifique central, terre des maîtres navigateurs et des cartes de bâtons, marquée à jamais par les essais nucléaires de Bikini.
Le pays en bref
Les Îles Marshall forment une nation d'atolls du Pacifique central, disposés en deux longues chaînes parallèles. Le pays compte plus d'un millier d'îlots regroupés en une trentaine d'atolls, dispersés sur une vaste étendue d'océan. Environ quarante-deux mille personnes y vivent ; la capitale est Majuro. Peuple de navigateurs parmi les plus habiles du Pacifique, les Marshallais portent aussi une blessure profonde : leurs atolls de Bikini et d'Enewetak furent, au milieu du XXᵉ siècle, le théâtre d'essais nucléaires américains d'une puissance inouïe, dont les conséquences marquent encore le pays, qui reste étroitement lié aux États-Unis.
La géographie
Les Îles Marshall sont faites exclusivement d'atolls et d'îlots de corail bas, qui encerclent de vastes lagons. L'atoll de Kwajalein possède l'un des plus grands lagons du monde. Comme leurs voisines, ces îles sont très basses et donc très menacées par la montée des eaux. Elles portent aussi une cicatrice unique : à Bikini, le fond du lagon garde les épaves de la flotte coulée lors des essais et le cratère du tir « Bravo », tandis qu'à Enewetak un dôme de béton recouvre des déchets radioactifs.
L'histoire
Peuplées il y a quelque deux mille ans par des navigateurs austronésiens, les Îles Marshall développèrent une société de clans dirigée par des chefs (les iroij) et un art de la navigation exceptionnel. Passées sous domination espagnole, allemande puis japonaise, elles furent placées sous tutelle américaine après la Seconde Guerre mondiale et choisies pour des essais nucléaires : entre 1946 et 1958, les États-Unis y firent exploser soixante-sept bombes, dont la plus puissante qu'ils aient jamais testée, déplaçant des populations entières et contaminant durablement plusieurs atolls. Le pays devint indépendant en 1986, en libre association avec les États-Unis, et porte toujours ce lourd héritage.
La langue et la foi
On parle le marshallais, une langue austronésienne océanienne, aux côtés de l'anglais, coofficiel. Le pays est très majoritairement chrétien, surtout protestant depuis l'arrivée des missionnaires, et l'église tient une place centrale dans la vie communautaire. Cette foi coexiste avec le respect des clans et des chefs, et avec l'héritage d'une société traditionnellement matrilinéaire, où la terre et le rang se transmettent par les femmes, un principe toujours vivant.
La culture et l'art de vivre
La culture marshallaise est celle d'un peuple de la mer et de maîtres navigateurs. Son objet le plus célèbre est la carte de bâtons (dont le rebbelib) : un assemblage de baguettes et de coquillages qui représente les houles et leur façon de se briser autour des îles. Elle servait à apprendre à voyager entre les atolls en lisant la mer. Il y a aussi le tressage fin des feuilles de pandanus, réputé dans tout le Pacifique, les chants et les danses. La vie tourne autour du lagon, de la pêche, du fruit à pain, du taro et de la noix de coco.