Niue
L'un des plus grands atolls surélevés du monde, minuscule nation polynésienne associée à la Nouvelle-Zélande, « le Rocher de Polynésie » aux grottes et aux eaux cristallines.
+ une large diaspora en N.-Zélande
Le territoire en bref
Niue est une minuscule île polynésienne isolée du Pacifique Sud, l'une des plus petites nations du monde, entre les Tonga, les Samoa et les îles Cook. Comme ces dernières, ce n'est pas un pays pleinement indépendant mais un État associé à la Nouvelle-Zélande, autonome, dont les habitants sont citoyens néo-zélandais. Environ dix-sept cents personnes seulement y vivent, autour de la petite capitale, Alofi, tandis qu'une diaspora bien plus nombreuse vit en Nouvelle-Zélande. Surnommée « le Rocher de Polynésie », Niue est un grand atoll surélevé, réputé pour ses grottes, ses failles et ses eaux d'une clarté rare.
La géographie
Niue est l'un des plus grands atolls surélevés du monde : un ancien récif de corail hissé hors de l'eau, qui forme un plateau calcaire ceinturé de falaises, sans lagon ni vraies plages de sable. La côte est creusée de grottes, de failles, d'arches et de piscines naturelles. Sans rivière pour la troubler, l'eau est très transparente : on y plonge et on y croise des baleines et des tricots rayés. L'intérieur, couvert de forêt tropicale, cache grottes et gouffres. Le climat est tropical, chaud et humide, avec une saison des cyclones.
L'histoire
Peuplée il y a plus de mille ans par des navigateurs polynésiens venus des Samoa et des Tonga voisines, Niue développa une société de clans à la réputation guerrière. James Cook, en 1774, tenta d'y débarquer mais fut repoussé par les habitants, d'où le surnom peu flatteur qu'il lui donna, « Savage Island ». L'île s'ouvrit avec l'arrivée des missionnaires chrétiens au XIXᵉ siècle, qui la convertirent. Rattachée à la Nouvelle-Zélande en 1901, Niue obtint en 1974 une large autonomie en libre association avec elle. Confrontée à un fort exode vers la Nouvelle-Zélande et aux cyclones, la petite nation lutte pour préserver sa population, sa langue et son mode de vie.
La langue et la foi
On parle à Niue le niuéen (vagahau Niue), une langue polynésienne proche du tongien et du samoan, aux côtés de l'anglais. Les Niuéens sont profondément chrétiens depuis l'évangélisation du XIXᵉ siècle : la religion, très majoritairement protestante (l'Église Ekalesia Niue, héritière des missionnaires), est au cœur de la vie sociale. L'église du village est un lieu central, et le dimanche, jour de repos et de culte très respecté, résonne de chants. Cette foi s'accorde avec le respect des traditions, des chefs et des ancêtres, dans une petite société où la famille élargie et l'entraide comptent beaucoup.
La culture et l'art de vivre
La culture niuéenne est polynésienne, discrète et communautaire, tournée vers la terre, la mer et la famille. Elle se manifeste dans les cérémonies de passage, comme la première coupe de cheveux des garçons et le perçage des oreilles des filles, grandes fêtes familiales, dans les chants et les danses, et dans un art réputé de la vannerie fine (chapeaux, paniers). La pêche, dont celle du thon et du poisson volant en pirogue, la culture du taro et l'entraide sont au cœur de la vie. La cuisine, cuite au four enterré (l'umu), fait place au taro, à l'igname, au poisson, à la roussette et au cochon.