Les Îles Pitcairn
L'un des lieux habités les plus isolés du monde, refuge des mutins du Bounty, minuscule communauté née de la rencontre de marins anglais et de femmes tahitiennes.
l'un des territoires les moins peuplés au monde
quatre îles, une seule habitée
Le territoire en bref
Pitcairn est l'un des lieux habités les plus isolés de la planète : une minuscule île volcanique perdue au milieu du Pacifique Sud, à des jours de mer de toute terre, seule île habitée d'un groupe de quatre. Territoire britannique d'outre-mer, elle ne compte plus que quelques dizaines d'habitants, regroupés dans l'unique village, Adamstown. Son histoire est extraordinaire : les Pitcairnais descendent presque tous des mutins du célèbre navire Bounty et des Tahitiens qui les accompagnèrent, réfugiés là en 1790. La minuscule communauté lutte aujourd'hui pour sa survie face au déclin et à l'isolement.
La géographie
Pitcairn est une petite île volcanique escarpée, sans lagon ni récif protecteur, dont les falaises plongent directement dans un océan souvent agité : il n'y a pas de véritable port, et le débarquement, en petite embarcation dans la houle, est difficile et dangereux. L'intérieur, verdoyant, offre des collines fertiles cultivées en jardins et des forêts. Les trois autres îles du groupe (Henderson, inscrite au patrimoine mondial pour ses oiseaux, Ducie et Oeno, coralliennes) sont inhabitées. Le climat subtropical est doux et humide.
L'histoire
Jadis habitée par des Polynésiens, disparus bien avant, l'île entra dans la légende en 1790. L'année précédente, une partie de l'équipage du navire britannique Bounty, menée par Fletcher Christian, s'était mutinée contre le capitaine Bligh après un long séjour à Tahiti. Pour échapper à la justice de la Couronne, neuf mutins, accompagnés de femmes et d'hommes tahitiens, gagnèrent la lointaine Pitcairn, brûlèrent le Bounty et s'y cachèrent. Après des années de violences, la petite colonie trouva la paix autour de la foi et fut « redécouverte » en 1808. Devenue trop nombreuse, la population partit en 1856 pour l'île Norfolk ; quelques familles revinrent ensuite. Depuis, la communauté, formée de quelques familles descendant des mutins, lutte contre le déclin et l'isolement.
La langue et la foi
À Pitcairn, on parle l'anglais et le pitkern, un créole unique né du mélange de l'anglais des marins du XVIIIᵉ siècle et du tahitien des compagnes des mutins, encore parlé par la communauté. L'île est de tradition chrétienne : à la fin du XIXᵉ siècle, toute la population adopta l'adventisme du septième jour, qui reste la confession de la communauté. La foi, qui pacifia jadis la petite colonie, structure encore la vie de l'île, avec le sabbat observé du vendredi soir au samedi soir.
La culture et l'art de vivre
La culture pitcairnaise est née de la rencontre de l'Angleterre géorgienne des marins et de la Polynésie de Tahiti. Elle mêle des noms de famille anglais transmis depuis les mutins, la langue pitkern et une cuisine à la croisée des deux mondes. Il y a la sculpture sur bois et la vannerie, dont les objets, longtemps vendus aux rares navires de passage, faisaient vivre l'île, et le Bounty Day, où l'on brûle une maquette du navire. La vie, rude et communautaire, tourne autour des jardins, de la pêche et de l'entraide. On mange le poisson, les fruits, le taro et le pilhi.