Wallis-et-Futuna
Petites îles françaises isolées au cœur du Pacifique polynésien, terre de royaumes coutumiers vivants et d'une foi catholique fervente, l'un des territoires les plus traditionnels de la République.
Le territoire en bref
Wallis-et-Futuna est un minuscule territoire français du Pacifique Sud, en Polynésie occidentale, entre les Fidji et les Samoa. Il se compose de deux petits groupes d'îles éloignés l'un de l'autre : Wallis (Uvea) d'une part, Futuna et Alofi de l'autre. Environ onze mille personnes y vivent, un peuple polynésien proche de ceux des Tonga et des Samoa voisins. C'est l'un des territoires les plus traditionnels de la République : la vie y est encore régie par trois royaumes coutumiers, avec leurs rois et leur hiérarchie, aux côtés de l'administration française.
La géographie
Wallis et Futuna sont de petites îles volcaniques tropicales et verdoyantes. Wallis (Uvea), la plus peuplée, est une île basse entourée d'un vaste lagon semé d'îlots et fermé par un récif corallien ; on y trouve des lacs de cratère et des vestiges anciens. Futuna et sa voisine Alofi, plus escarpées et sans lagon, dressent des reliefs couverts de forêt au-dessus d'une côte battue par l'océan. Le climat tropical, chaud et humide, entretient une végétation luxuriante et des cultures vivrières : cocotiers, taros, ignames.
L'histoire
Peuplées il y a environ trois mille ans par les navigateurs polynésiens, ces îles connurent l'influence des Tonga, qui laissèrent à Wallis des forts monumentaux. S'y formèrent des royaumes coutumiers (Uvea à Wallis, Sigave et Alo à Futuna) dont l'organisation perdure aujourd'hui. Au XIXᵉ siècle, les missionnaires catholiques maristes, dont saint Pierre Chanel, tué à Futuna en 1841 et premier martyr d'Océanie, convertirent toute la population. Les rois placèrent leurs îles sous protectorat français en 1887 et 1888. Après un référendum en 1959, Wallis-et-Futuna devint en 1961 un territoire d'outre-mer, au statut original : la République y reconnaît les royaumes coutumiers.
La langue et la foi
On parle à Wallis-et-Futuna le français, langue officielle, mais surtout le wallisien et le futunien, langues polynésiennes bien vivantes, celles de la vie quotidienne. Le territoire est presque entièrement catholique, d'une foi particulièrement fervente : l'Église y tient une place centrale, étroitement liée à la coutume et aux royaumes. Futuna, où fut tué saint Pierre Chanel, est un grand lieu de pèlerinage d'Océanie. Messes chantées et fêtes religieuses rythment la vie des îles.
La culture et l'art de vivre
La culture de Wallis-et-Futuna est polynésienne et coutumière, l'une des plus vivantes du Pacifique. La coutume, le respect des rois, des chefs et des hiérarchies, structure toute la vie sociale, avec ses cérémonies solennelles autour du kava, boisson rituelle partagée. Il y a les danses collectives, comme le soamako et le kailao (danse guerrière), les chants, la confection des tapa (étoffes d'écorce battue) aux motifs traditionnels, et les grandes fêtes où l'on partage d'immenses quantités de nourriture. La cuisine repose sur les produits de la terre et de la mer cuits au four enterré : taro, igname, cochon, poisson, lait de coco.