Bonaire
Petite île néerlandaise du sud des Caraïbes, terre de sel, de flamants roses et de récifs, commune spéciale des Pays-Bas, à la population métissée qui parle le papiamento.
Le territoire en bref
Bonaire est une petite île du sud des Caraïbes, la plus orientale des « îles ABC » néerlandaises (Aruba, Bonaire, Curaçao), au large du Venezuela. Depuis 2010, elle ne dépend plus de Curaçao : c'est une commune spéciale rattachée directement aux Pays-Bas. Environ vingt mille personnes y vivent, autour du petit chef-lieu, Kralendijk. Calme, aride et peu peuplée, l'île est connue dans le monde entier pour la plongée et pour sa nature, avec ses récifs, ses flamants roses et ses marais salants. Sa population, métissée, parle le papiamento.
La géographie
Bonaire est une île basse et aride, au climat désertique adouci par les alizés, hors de la route des ouragans. Cactus, divi-divi et acacias couvrent une terre plate, avec quelques collines au nord. Au sud s'étendent de grands marais salants aux eaux roses, exploités depuis des siècles, où se rassemblent des colonies de flamants roses. Tout autour, l'eau est très claire, et une barrière de corail fait le tour de l'île ; protégée en parc marin, elle compte parmi les plus beaux sites de plongée de la planète, avec l'îlot voisin de Klein Bonaire.
L'histoire
Peuplée d'Amérindiens caquetíos, Bonaire fut occupée par les Espagnols puis prise par les Néerlandais en 1636. Ceux-ci n'y créèrent pas de grandes plantations, mais exploitèrent le sel des marais salants, un travail épuisant imposé à des esclaves africains ; on voit encore, face aux salines, les minuscules huttes de pierre où ils dormaient. L'élevage de chèvres et le sel firent longtemps vivre modestement l'île. Après l'abolition, la population métissée continua de vivre de la terre et de la mer. En 2010, à la dissolution des Antilles néerlandaises, Bonaire choisit un lien direct avec les Pays-Bas et devint une commune spéciale du royaume.
La langue et la foi
On parle à Bonaire le papiamento, le créole des îles ABC, à base ibérique avec des apports néerlandais et africains, ainsi que le néerlandais, langue officielle. L'île est en majorité catholique, avec des communautés protestantes. Les fêtes patronales et les traditions rythment la vie de cette petite communauté.
La culture et l'art de vivre
La culture bonairienne est caraïbe et métissée, tournée vers la nature. La musique et la danse suivent des rythmes afro-caribéens, comme la simadan, fête des récoltes héritée du temps du sorgho, avec ses chants et ses tambours ; le carnaval est très coloré. Les huttes d'esclaves et les salines rappellent l'histoire de l'île. On y vit lentement, tourné vers la mer, et la plongée occupe une grande place. La cuisine créole fait la part belle au poisson et à la chèvre, avec le kabritu stobá (ragoût de cabri) et le funchi, une polenta de maïs.