Curaçao
Île néerlandaise du sud des Caraïbes, ancienne plaque tournante de la traite, terre du papiamento et d'un port coloré inscrit au patrimoine mondial, à la population très métissée.
+ espagnol, anglais
Le territoire en bref
Curaçao est la plus grande des îles néerlandaises du sud des Caraïbes, au large du Venezuela ; c'est un pays autonome au sein du royaume des Pays-Bas. Environ cent cinquante-cinq mille personnes y vivent, autour de la capitale, Willemstad, connue pour ses maisons de commerce aux façades pastel de style hollandais alignées le long de l'eau, inscrites au patrimoine mondial. La population est très métissée, marquée par le passé de l'île, grande plaque tournante de la traite ; elle parle le papiamento, et l'île abrite l'une des plus anciennes communautés juives des Amériques. Aride et ensoleillée, Curaçao est hors de la route des ouragans.
La géographie
Comme ses voisines, Curaçao est une île aride, sèche et balayée par les alizés, très loin de l'image d'une île tropicale : des cactus, des divi-divi et des collines rocailleuses, dominées par le mont Christoffel. La côte compte de petites criques de sable blanc entre les falaises, et des fonds marins très riches, recherchés des plongeurs. La capitale entoure une baie profonde, un grand port naturel que traverse un pont flottant. Hors de la ceinture des ouragans, l'île a un climat chaud et sec.
L'histoire
Peuplée d'Amérindiens caquetíos, l'île fut prise en 1634 par les Néerlandais, qui en firent une grande base commerciale et militaire. Curaçao devint l'une des principales plaques tournantes de la traite atlantique : des dizaines de milliers d'Africains y furent débarqués, retenus, puis revendus dans toute la région. L'île accueillit aussi des Juifs séfarades fuyant l'Inquisition, qui y fondèrent la plus ancienne synagogue des Amériques encore en activité. En 1795, une grande révolte d'esclaves, menée par Tula, marqua la mémoire de l'île. Après l'époque de la raffinerie de pétrole, au XXᵉ siècle, Curaçao devint en 2010 un pays autonome au sein du royaume des Pays-Bas.
La langue et la foi
On parle à Curaçao le papiamento, un créole né dans ces îles, à base ibérique, avec des apports néerlandais, africains et judéo-espagnols, ainsi que le néerlandais, l'anglais et l'espagnol. L'île est en grande majorité catholique, avec des communautés protestantes et l'ancienne communauté juive séfarade, dont la synagogue de Willemstad a un sol couvert de sable. Le catholicisme populaire y garde parfois des traditions héritées d'Afrique.
La culture et l'art de vivre
La culture de Curaçao est très métissée : l'héritage africain y domine, mêlé d'apports européens, latino-américains et juifs. Il y a la tumba, musique et danse reine du carnaval, le tambú hérité des esclaves, et une vie culturelle animée. Il y a les façades pastel de Willemstad, l'artisanat, la liqueur bleue de Curaçao, tirée d'une orange amère de l'île, et une mémoire vive de l'esclavage. La cuisine créole sert le keshi yena (fromage farci), le poisson, le ragoût d'iguane et le funchi, une polenta de maïs.