L'île de Man
Île celte et viking au milieu de la mer d'Irlande, dépendance de la Couronne britannique au parlement millénaire, terre du chat sans queue et de la course de motos la plus dangereuse du monde.
+ mannois (renaissance)
Le territoire en bref
L'île de Man est posée au milieu de la mer d'Irlande, à peu près à égale distance de l'Angleterre, de l'Écosse, de l'Irlande et du pays de Galles. C'est une dépendance de la Couronne britannique, autonome, qui ne fait partie ni du Royaume-Uni ni de l'Union européenne et qui a son propre gouvernement et ses propres lois. Environ quatre-vingt-cinq mille personnes y vivent ; la capitale est Douglas. L'île a son parlement, le Tynwald, hérité des Vikings et présenté comme l'un des plus anciens du monde à siéger sans interruption. Terre d'identité celte et scandinave, place financière et haut lieu de la moto, Man tient à son statut à part.
La géographie
L'île de Man est une terre de collines verdoyantes et de côtes découpées. En son centre s'élèvent des reliefs de landes couronnés par le Snaefell, seul sommet d'où l'on dit apercevoir, par temps clair, six « royaumes » : l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande, le pays de Galles, l'île elle-même et le ciel. Autour, des falaises, des baies, des ports de pêche et des plages bordent la mer d'Irlande. Vallées boisées (les glens), rivières, murets de pierre et petits villages composent un paysage doux et celtique. Le climat, océanique et frais, souvent venteux et brumeux, entretient une nature verte.
L'histoire
Peuplée par les Celtes, qui lui donnèrent sa langue et ses légendes, l'île de Man fut colonisée au IXᵉ siècle par des Vikings norvégiens, qui y fondèrent un royaume maritime et instituèrent le Tynwald, une assemblée dont l'île fait remonter la continuité à plus de mille ans. Après l'époque scandinave, elle passa sous la coupe des rois d'Écosse puis d'Angleterre, tout en gardant ses lois et son parlement. Longtemps possession de familles seigneuriales, elle fut rachetée par la Couronne britannique en 1765. Elle obtint au XIXᵉ siècle une autonomie moderne et vit aujourd'hui en bonne partie de la finance.
La langue et la foi
La langue courante de l'île est l'anglais, mais l'île a sa langue historique, le mannois (gaélique mannois), langue celtique proche de l'irlandais et du gaélique écossais ; son dernier locuteur de naissance est mort en 1974, et elle connaît aujourd'hui une renaissance : elle est de nouveau enseignée. L'île est de tradition chrétienne, marquée par l'anglicanisme et le méthodisme, ce dernier autrefois très implanté chez les pêcheurs et les fermiers. Les vieilles croix sculptées, celtiques et scandinaves, disséminées dans l'île, témoignent d'un christianisme très ancien, qui a cohabité avec le folklore local et ses créatures de légende.
La culture et l'art de vivre
La culture mannoise est celte et scandinave, riche d'un folklore tenace. Le symbole de l'île est le triskèle, ces trois jambes réunies, et son animal le chat manx, sans queue. C'est une terre de légendes, de fées et du géant Finn McCooil, de musiques et de danses celtiques, et de la cérémonie annuelle du Tynwald Day, où les lois sont proclamées en plein air. L'île est surtout connue dans le monde entier pour le Tourist Trophy, réputé être la course de motos la plus dangereuse du monde, disputée sur les routes ordinaires de l'île. La cuisine fait place à la mer et au terroir : le hareng fumé (kipper) de Peel, l'agneau, les fruits de mer.