Irak
La Mésopotamie, le « pays entre les fleuves », l'un des berceaux de la civilisation : c'est ici que naquirent parmi les premières villes, l'écriture et les premières lois écrites.
Le pays en bref
L'Irak recouvre l'antique Mésopotamie, mot grec qui signifie « le pays entre les fleuves » : le Tigre et l'Euphrate, qui descendent des montagnes de Turquie et se rejoignent avant le golfe Persique. Entre ces deux fleuves s'étend une plaine où, il y a plus de cinq mille ans, les hommes bâtirent quelques-unes des toutes premières villes, inventèrent l'écriture et rédigèrent les premières lois. Quelque quarante-six millions de personnes y vivent aujourd'hui ; la capitale, Bagdad, fut au Moyen Âge l'une des plus grandes et des plus savantes villes du monde.
La géographie
Tout le pays s'organise autour de ses deux fleuves. Leur plaine, au centre et au sud, est la seule terre vraiment fertile, irriguée depuis des millénaires par un réseau de canaux ; c'est là que se concentrent les villes et les palmeraies. Au nord et au nord-est se dressent les montagnes du Kurdistan, plus fraîches et plus vertes. À l'ouest et au sud-ouest commence au contraire le désert, qui rejoint l'Arabie. Là où le Tigre et l'Euphrate se rejoignent s'étendent de grands marais, ceux des « Arabes des marais », inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
L'histoire
Peu de terres ont autant compté aux débuts de la civilisation. Les Sumériens y fondèrent les premières cités et y inventèrent, vers 3200 avant notre ère, l'écriture, des signes cunéiformes gravés dans l'argile, tout en posant les bases des mathématiques. À Babylone, le roi Hammurabi fit graver l'un des premiers codes de lois, et la légende y place les jardins suspendus. Après Sumer, Akkad et l'Assyrie, la région passa aux Perses, aux Grecs, puis à l'islam. En 762, les Abbassides fondèrent Bagdad, qui devint, avec sa « Maison de la sagesse » et ses savants, le cœur de l'âge d'or islamique, jusqu'au sac mongol de 1258. L'Irak moderne naquit de la chute de l'Empire ottoman ; il a connu depuis la dictature de Saddam Hussein, plusieurs guerres, l'invasion américaine de 2003 et la guerre contre l'État islamique.
La langue et les religions
On parle en Irak deux grandes langues : l'arabe, majoritaire, et le kurde, dans les montagnes du nord, où les Kurdes ont leur propre région autonome. Des communautés chrétiennes assyriennes parlent encore l'araméen, la vieille langue de la Mésopotamie et de la Bible. Le pays est très majoritairement musulman, partagé entre chiites, majoritaires (Nadjaf et Kerbala sont des villes saintes du chiisme), et sunnites ; il abrite aussi de très anciennes communautés chrétiennes, ainsi que les Yézidis et les Mandéens, héritiers de religions millénaires.
La culture et l'art de vivre
Malgré les épreuves, l'Irak reste une grande terre de culture. La poésie y tient une place immense depuis l'Antiquité (l'épopée de Gilgamesh, l'une des plus anciennes œuvres littéraires du monde, est née ici), et les Irakiens en récitent encore volontiers. La musique savante, le maqam irakien, est inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO. À table, la datte, dont le pays fut longtemps le premier producteur mondial, est partout, tout comme le masgouf, un poisson du Tigre grillé au bord de l'eau.