Jersey
La plus grande des îles Anglo-Normandes, blottie contre la côte française mais rattachée à la Couronne britannique, l'un des derniers morceaux de l'ancien duché de Normandie, entre grandes marées et prospérité.
+ jèrriais (normand), français
Le territoire en bref
Jersey est la plus grande et la plus méridionale des îles Anglo-Normandes, dans la Manche, à une vingtaine de kilomètres seulement des côtes de la Normandie, mais bien plus loin de l'Angleterre. C'est pourtant une dépendance de la Couronne britannique, autonome, qui ne fait partie ni du Royaume-Uni ni de l'Union européenne et qui a son propre parlement et ses propres lois. Environ cent mille personnes y vivent, autour de Saint-Hélier. Avec Guernesey, c'est l'un des derniers morceaux de l'ancien duché de Normandie restés attachés à la couronne d'Angleterre, et l'île a gardé un héritage normand jusque dans sa langue. Île ensoleillée, place financière prospère et destination balnéaire, elle cultive une identité à part, entre France et Angleterre.
La géographie
Jersey est une petite île inclinée vers le sud, ce qui lui vaut beaucoup de soleil et un climat doux. Au sud, de longues plages de sable et des baies abritées ; au nord, de hautes falaises qui plongent dans la Manche, longées de sentiers. L'île est célèbre pour ses marées, parmi les plus fortes du monde : à marée basse, la mer se retire très loin et découvre d'immenses estrans rocheux. L'intérieur, vallonné et verdoyant, est un damier de petits champs et de vergers, de vaches Jersey, la célèbre race laitière, de manoirs et de villages. Le climat, doux et tempéré, permet une végétation presque méridionale.
L'histoire
Rattachée au duché de Normandie au Xᵉ siècle, l'île suivit le destin de Guillaume le Conquérant lorsque, en 1066, le duc de Normandie devint roi d'Angleterre. En 1204, quand le roi de France reprit la Normandie continentale, Jersey et les îles voisines restèrent fidèles au roi d'Angleterre : un morceau de l'ancienne Normandie resta ainsi attaché à la Couronne. L'île vécut longtemps de l'agriculture, de la pêche et du cabotage. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles Anglo-Normandes furent le seul territoire britannique d'Europe occupé par l'Allemagne ; la Libération, le 9 mai 1945, est fêtée chaque année. Devenue une place financière prospère, Jersey garde son autonomie et ses institutions anciennes.
La langue et la foi
La langue de Jersey est aujourd'hui l'anglais, mais l'île a une langue historique, le jèrriais, un parler normand hérité du Moyen Âge, longtemps langue quotidienne des habitants, aujourd'hui menacé mais défendu et de nouveau enseigné. Le français a longtemps été la langue officielle et reste présent dans le droit. L'île est de tradition chrétienne, partagée entre l'anglicanisme et le méthodisme, autrefois très implanté. Ses douze paroisses, cadre ancien de son organisation, et leurs églises témoignent de cet héritage, dans une société aujourd'hui largement sécularisée.
La culture et l'art de vivre
La culture jersiaise mêle les héritages normand et britannique. On la retrouve dans les noms de lieux et de familles, français et normands, dans les douze paroisses et leurs traditions, et dans des coutumes anciennes comme la Visite du Branchage. La grande fête de l'île est la Bataille de fleurs, un défilé de chars fleuris. On vit entre mer et campagne : la voile, la pêche à pied sur les grands estrans, les manoirs et leurs jardins. La cuisine fait place aux produits de la mer et de la terre : les huîtres et les ormeaux, les pommes de terre nouvelles (les Jersey Royal), le beurre et la crème des vaches de l'île.