Corée du Sud
Une péninsule d'Asie de l'Est au caractère bien à elle, prise entre de puissants voisins, qui a gardé sa langue et diffuse aujourd'hui sa culture dans le monde entier.
Le pays en bref
La Corée du Sud occupe la moitié sud d'une péninsule d'Asie de l'Est, tendue entre la Chine et le Japon : entre ces deux géants, elle a forgé, non sans mal, une identité très forte et très distincte. C'est un pays dense et montagneux, où quelque cinquante-deux millions de personnes vivent pour beaucoup dans d'immenses villes, à commencer par la capitale, Séoul, l'une des plus grandes agglomérations du monde. En une génération, la Corée du Sud est passée de la pauvreté à la richesse et à la pointe de la technologie : ce qu'on a appelé le « miracle du fleuve Han ».
La géographie
La Corée est un pays de montagnes et de mer : les reliefs, boisés et vénérés, couvrent la plus grande partie du territoire, tandis que la population se concentre dans les rares plaines et vallées. La côte, très découpée à l'ouest et au sud, est semée de milliers d'îles. Le pays connaît quatre saisons bien marquées (étés chauds et humides balayés par la mousson, hivers secs et froids venus de Sibérie) et fait de leur passage, notamment de la floraison des cerisiers et des couleurs d'automne, un art et une fête. Au nord, une frontière parmi les plus fermées du monde le sépare de la Corée du Nord.
L'histoire
Après des royaumes anciens, la péninsule fut unifiée au VIIᵉ siècle, puis gouvernée par la dynastie Goryeo, qui a donné son nom à la Corée, et enfin, pendant cinq siècles, par les rois Joseon, profondément confucéens. L'un d'eux, le roi Sejong, fit créer en 1443 un alphabet propre au coréen, le hangeul, que les linguistes citent souvent comme l'une des écritures les plus logiques du monde. Le XXᵉ siècle fut brutal : la dure colonisation japonaise (1910-1945), la division de la péninsule en 1945, puis la guerre de Corée (1950-1953), qui fit des millions de morts. Parti d'une grande pauvreté, le Sud est devenu en quelques décennies l'une des grandes économies du monde, et une démocratie depuis la fin des années 1980.
La langue et la foi
Le coréen est généralement considéré comme une langue isolée, sans parenté démontrée avec le chinois ou le japonais, et son écriture, le hangeul, a la particularité rare d'avoir été inventée d'un coup, selon un plan précis, pour être facile à apprendre par tous. Côté croyances, la Corée est un cas à part en Asie : le confucianisme y règle encore les rapports familiaux et le respect des aînés, le bouddhisme y garde ses temples de montagne, et le christianisme, qui s'y est répandu très vite, rassemble aujourd'hui près d'un tiers de la population, sur un vieux fond de chamanisme. Plus de la moitié des Coréens se disent pourtant sans religion.
La culture et l'art de vivre
La Corée du Sud est devenue une puissance culturelle mondiale : la vague coréenne, la « Hallyu », a fait connaître partout la K-pop, les séries et un cinéma récompensé jusqu'à la Palme d'or et l'Oscar du meilleur film avec Parasite. Mais sa culture vient de loin : la cuisine, autour du riz et du kimchi, le chou fermenté et pimenté servi à chaque repas, dont la préparation collective est inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO, et le barbecue coréen qu'on partage à table ; les arts martiaux comme le taekwondo ; les palais et les temples de l'ère Joseon.