Mali
Un pays du Sahel qui fut, il y a des siècles, l'un des plus riches et des plus savants du monde.
+ 12 autres langues nationales officielles · français, langue de travail
Le pays en bref
Le Mali est un vaste pays sans accès à la mer, au cœur de l'Afrique de l'Ouest, à cheval sur le Sahel, la bande de transition entre le Sahara au nord et les savanes au sud. Il est traversé par un fleuve qui lui donne la vie, le Niger, l'un des grands fleuves d'Afrique, sur les rives duquel se sont élevées quelques-unes des plus riches civilisations du continent. Sa capitale, Bamako, sur le Niger, compte parmi les villes qui grandissent le plus vite au monde.
La géographie
Le pays se partage entre deux mondes. Au nord, les deux tiers du territoire appartiennent au Sahara : étendues de sable et de pierre, oasis, et les grands espaces parcourus par les Touaregs. Au sud s'étendent la savane du Sahel puis des terres plus vertes, où l'on cultive le mil, le sorgho et le coton. Entre les deux serpente le Niger, qui forme en son milieu un immense delta intérieur, mosaïque de bras d'eau et de rizières. C'est sur sa grande boucle que se trouvent les villes historiques de Djenné, Mopti et Tombouctou ; plus à l'est se dresse la falaise de Bandiagara, le pays des Dogons.
L'histoire
L'histoire du Mali est celle de trois grands empires de l'or et du savoir. D'abord l'empire du Ghana (sans rapport avec le pays actuel), puis, au XIIIᵉ siècle, l'empire du Mali fondé par Soundiata Keïta, dont l'épopée est encore récitée aujourd'hui. Son plus célèbre souverain, Mansa Moussa, fit en 1324 un pèlerinage à La Mecque si chargé d'or qu'il en fit chuter le cours en Égypte pendant des années ; on le présente souvent comme l'homme le plus riche de l'histoire. Vint ensuite l'empire songhaï, avec Gao pour capitale. Au cœur de cet espace brillait Tombouctou, cité de commerce mais surtout de savoir, avec ses écoles et ses centaines de milliers de manuscrits. L'invasion marocaine de 1591, puis la colonisation française, mirent fin à cette grandeur ; le Mali devint indépendant en 1960. Depuis 2012, il est en proie à une guerre contre des groupes djihadistes, et des militaires gouvernent le pays depuis les coups d'État de 2020 et 2021.
Les peuples et la langue
Au Mali, de nombreux peuples vivent ensemble depuis des siècles. Le socle en est mandé : les Bambaras (ou Bamanans), les Malinkés, les Soninkés, héritiers directs des bâtisseurs d'empires. À leurs côtés vivent les Peuls, éleveurs semi-nomades répandus dans tout le Sahel, les Songhaïs du fleuve, les pêcheurs bozos, les Dogons de la falaise, célèbres pour leur cosmologie, et les Touaregs du désert. Le bambara sert de langue commune à presque tous ; le français, hérité de la colonisation, n'est plus depuis 2023 qu'une langue de travail.
La religion
Le Mali est très majoritairement musulman, d'un islam sunnite arrivé très tôt par les caravanes du Sahara et approfondi dans les écoles de Tombouctou, souvent marqué par les confréries soufies. À ses côtés subsistent des religions traditionnelles africaines, dont celle des Dogons, parmi les plus étudiées au monde, et une petite minorité chrétienne. Ces croyances ont longtemps coexisté sans heurt, avant la guerre déclenchée en 2012 par des groupes djihadistes dans le nord.
La culture
S'il fallait retenir une chose du Mali, ce serait sa musique : le pays est l'un des plus grands foyers musicaux du monde. Elle est gardée par les griots (les jeli), conteurs et musiciens de père en fils qui, depuis le temps des empires, transmettent de mémoire l'histoire et la généalogie des familles. De cette tradition sont sortis des artistes connus dans le monde entier : Salif Keïta, Ali Farka Touré, Toumani Diabaté et sa kora, Oumou Sangaré. Le Mali, c'est aussi la grande mosquée de Djenné, le plus grand édifice en terre crue du monde, les masques dogons et les étoffes teintes à la boue, le bogolan.