La Nouvelle-Calédonie
Grande île française de Mélanésie, à l'un des plus grands lagons du monde, terre du peuple kanak et d'une société métissée, entre nickel, récifs et question de son avenir.
+ 28 langues kanak
Le territoire en bref
La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles françaises du Pacifique Sud, en Mélanésie, à l'est de l'Australie, dotée d'un statut particulier et d'une large autonomie. Elle se compose d'une grande île montagneuse, la Grande Terre, et d'îles plus petites, dont les îles Loyauté, et elle est entourée de l'un des plus grands lagons du monde, inscrit au patrimoine mondial. Environ deux cent soixante-dix mille personnes y vivent, autour de Nouméa. La population est composite : le peuple autochtone kanak, mélanésien, des descendants de colons européens (les Caldoches), des Wallisiens, des Tahitiens et des Asiatiques. Riche d'immenses gisements de nickel, la Nouvelle-Calédonie cherche depuis des décennies la voie de son avenir institutionnel.
La géographie
La Nouvelle-Calédonie est dominée par la Grande Terre, une longue île traversée par une chaîne de montagnes qui sépare une côte est humide et verdoyante d'une côte ouest plus sèche, faite de savanes et d'élevages. Le sol, riche en nickel, donne à certaines terres une teinte rouge caractéristique et porte une flore qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Tout autour s'étend un immense lagon, souvent présenté comme le plus grand lagon fermé du monde, protégé par une longue barrière de corail et très riche en vie marine. Les îles Loyauté, plates et coralliennes, et l'île des Pins ajoutent leurs plages et leurs pins colonnaires. Le climat est tropical, tempéré par les alizés.
L'histoire
Les ancêtres du peuple kanak peuplèrent ces îles il y a plus de trois mille ans, dans le grand mouvement austronésien des potiers Lapita. Abordée par James Cook en 1774, l'île fut prise par la France en 1853. Napoléon III en fit une colonie pénitentiaire : plus de vingt mille bagnards, dont des communards, y furent envoyés. La colonisation, l'exploitation du nickel et la spoliation des terres kanak provoquèrent de profondes tensions, jusqu'aux « Événements » violents des années 1980. Les accords de Matignon puis de Nouméa ouvrirent un processus de décolonisation négociée. Trois référendums d'autodétermination ont eu lieu entre 2018 et 2021, et des émeutes meurtrières ont éclaté en 2024 : l'avenir du territoire reste au cœur de la vie calédonienne.
La langue et la foi
En Nouvelle-Calédonie, le français est la langue officielle et commune, mais le peuple kanak parle vingt-huit langues et de nombreux dialectes, aujourd'hui mieux reconnus. La population est majoritairement chrétienne, catholique et protestante, depuis l'évangélisation du XIXᵉ siècle, et la foi tient une place importante dans la vie des communautés. Chez les Kanak, ce christianisme se mêle au respect profond de la coutume, socle spirituel et social fondé sur le lien à la terre, aux ancêtres et au clan, qui régit une grande part de la vie traditionnelle.
La culture et l'art de vivre
La culture calédonienne est d'abord celle du peuple kanak, fondée sur la coutume, le clan et le lien à la terre. C'est la case traditionnelle et ses flèches faîtières sculptées, le geste coutumier, présent offert en signe de respect à l'arrivée, les danses du pilou et l'igname, plante sacrée. Le centre culturel Tjibaou, conçu par Renzo Piano, en est le symbole moderne. À cet héritage se mêlent ceux des Caldoches (la culture de la brousse et de l'élevage), des Wallisiens et des Asiatiques. On y partage le bougna (viande et tubercules cuits à l'étouffée dans des feuilles de bananier), le cerf, les produits de la mer et des saveurs venues du monde entier.