L'île Norfolk
Petite île australienne du Pacifique Sud, ancien bagne puis refuge des descendants du Bounty, connue pour ses grands pins.
Le territoire en bref
L'île Norfolk est une petite île isolée du Pacifique Sud, entre l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie. Territoire de l'Australie, elle compte environ deux mille deux cents habitants ; le chef-lieu historique est Kingston. Son histoire a deux temps. Ce fut d'abord l'un des bagnes les plus durs de l'Empire britannique. Puis, en 1856, la Couronne y installa toute la population de Pitcairn, devenue trop nombreuse pour son île : les descendants des mutins du Bounty et de leurs compagnes tahitiennes. Beaucoup d'insulaires en descendent encore et portent des noms comme Christian ou Adams. Terre des grands pins de Norfolk, l'île cultive une identité distincte de celle du continent australien.
La géographie
L'île Norfolk est une petite île volcanique aux paysages doux et verdoyants, faite de collines ondulantes, de pâturages et de hautes falaises qui tombent dans le Pacifique. Elle est connue pour ses grands pins de Norfolk, silhouettes élancées et symétriques devenues son emblème. Faute de véritable port, l'accès par la mer reste délicat. Deux petites îles inhabitées, Nepean et Phillip, l'accompagnent. Le climat, subtropical et doux, favorise une végétation abondante, et les eaux environnantes abritent une belle vie marine.
L'histoire
Jadis habitée par des Polynésiens, disparus bien avant l'arrivée des Européens, Norfolk fut occupée par les Britanniques dès 1788 comme colonie pénitentiaire, puis abandonnée. Rouverte en 1825, elle devint un second bagne, d'une brutalité restée célèbre, réservé aux pires condamnés, avant sa fermeture en 1855. En 1856, la Couronne offrit l'île vidée à toute la population de Pitcairn : les descendants des mutins du Bounty et de leurs compagnes tahitiennes, à l'étroit sur leur rocher, y furent transférés. Beaucoup s'y établirent durablement, avec leur langue et leurs traditions. Administrée par l'Australie, l'île a longtemps joui d'une large autonomie, supprimée en 2016, et défend son identité et son héritage du Bounty.
La langue et la foi
On parle à l'île Norfolk l'anglais et le norfuk, une langue créole héritée des Pitcairnais, qui mêle l'anglais des marins du XVIIIᵉ siècle et le tahitien ; cousine du pitkern, elle est protégée comme le cœur de l'identité de l'île. L'île est de tradition chrétienne, partagée entre l'anglicanisme, le méthodisme et d'autres Églises, et la foi a accompagné l'histoire des descendants du Bounty. Les vieilles églises et les bâtiments de pierre de Kingston, vestiges de l'époque du bagne inscrits au patrimoine mondial, témoignent aussi de ce passé.
La culture et l'art de vivre
La culture de l'île Norfolk est unique, née de la rencontre de l'héritage du Bounty, anglais et tahitien, et du passé pénitentiaire. On la retrouve dans les noms de famille des mutins encore portés, dans la langue norfuk et dans les traditions venues de Pitcairn : la danse, les chants, une cuisine à la croisée des deux mondes. On y célèbre le Bounty Day (ou Anniversary Day), qui commémore l'arrivée des Pitcairnais, en costume d'époque. La cuisine fait place aux produits de l'île et de la mer : le poisson, la banane, le taro, et le pilhi hérité de Pitcairn.