Oman
Sultanat de montagnes et de déserts à la pointe de l'Arabie, ancien empire maritime de l'encens et des marins, qui a gardé son patrimoine.
Le pays en bref
Oman occupe la pointe sud-est de la péninsule arabique, ouvert sur la mer d'Arabie et gardant le détroit d'Ormuz, porte du golfe Persique. C'est un sultanat, gouverné par la même dynastie depuis le XVIIIᵉ siècle, réputé pour sa stabilité et sa neutralité diplomatique. Environ cinq millions de personnes y vivent ; la capitale, Mascate, est une ville basse et blanche entre mer et montagnes. Loin des tours de verre de ses voisins, Oman a choisi un développement respectueux de son patrimoine : forts de terre, souks et tradition marine.
La géographie
Oman offre des paysages très variés. Au nord, les monts Hajar dressent leurs sommets arides et leurs canyons, au pied desquels des oasis sont irriguées par d'ingénieux canaux millénaires, les aflaj, inscrits au patrimoine mondial. À l'intérieur s'étend le grand désert du Rub al-Khali, le « quartier vide », l'une des plus vastes mers de sable du monde. Sur les côtes, des plages, les fjords du Musandam et des sites de ponte des tortues. Tout au sud, la région du Dhofar connaît un phénomène unique en Arabie : chaque été, la mousson (le khareef) la couvre de brume et de verdure.
L'histoire
Dès l'Antiquité, Oman prospéra grâce à l'encens du Dhofar, résine précieuse exportée dans tout le monde antique, et au cuivre de ses montagnes. Grand peuple de marins, les Omanais furent aux XVIIᵉ-XIXᵉ siècles à la tête d'un empire maritime qui s'étendait sur les côtes de la Perse, du Baloutchistan et de l'Afrique de l'Est, avec Zanzibar pour seconde capitale ; il en reste des liens profonds avec le monde swahili et l'océan Indien. Replié et pauvre au début du XXᵉ siècle, le pays se modernisa à partir de 1970 sous le sultan Qabous, auquel a succédé en 2020 le sultan Haïtham.
La langue et la foi
On parle à Oman l'arabe, aux côtés de langues héritées de son passé maritime, comme le swahili, rapporté d'Afrique de l'Est, et le baloutche. Oman a une particularité religieuse rare : une grande partie de ses habitants pratiquent l'ibadisme, une branche de l'islam distincte du sunnisme et du chiisme, réputée pour sa modération et son sens du consensus. Cet islam ibadite a profondément marqué le caractère omanais, ouvert et hospitalier, et la coexistence avec les autres communautés du pays.
La culture et l'art de vivre
La culture omanaise mêle le désert, la montagne et la mer. C'est le parfum de l'encens qui brûle dans les maisons, l'eau de rose et les souks de Mascate et de Nizwa. C'est le khanjar, poignard courbe ciselé porté à la ceinture, emblème national. Ce sont des centaines de forts de terre crue, l'artisanat de l'argent et les boutres, voiliers traditionnels. On offre à tout hôte le café à la cardamome et les dattes ; pour les fêtes, on prépare le shuwa, un agneau épicé cuit un à deux jours dans un four creusé dans le sol.