Panama
Le pont entre les deux Amériques et le canal qui relie deux océans, carrefour du monde, terre de forêts et de brassage des peuples.
Le pays en bref
Le Panama est la mince bande de terre qui relie l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud, le pont entre les deux continents, entre l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes. L'isthme y est si étroit que l'homme a pu y percer l'un des plus grands ouvrages de l'histoire, le canal de Panama, qui relie les deux océans et par lequel passe une part importante du commerce maritime mondial. Environ quatre millions et demi de personnes y vivent ; la capitale, Panama, est une ville moderne. C'est une nation profondément métissée et cosmopolite.
La géographie
Le Panama s'étire en un long isthme courbe, si étroit qu'on passe en quelques heures du Pacifique aux Caraïbes. Une chaîne de montagnes et de volcans le traverse, couverte d'une forêt tropicale parmi les plus riches du monde en espèces : par ce pont naturel, les faunes des deux Amériques se sont mêlées depuis trois millions d'années. Les deux côtes sont semées d'îles et de récifs, comme l'archipel de San Blas. À l'est, le Darién, jungle impénétrable, est la seule interruption de la route qui relie les deux Amériques.
L'histoire
Dès la conquête, l'isthme fut un lieu clé : c'est en le traversant que l'Espagnol Balboa devint en 1513 le premier Européen à voir le Pacifique depuis l'Amérique. Le Panama devint la route par laquelle l'argent des Andes gagnait l'Espagne, attirant pirates et convoitises. Longtemps rattaché à la Colombie, il s'en sépara en 1903 avec l'appui des États-Unis, qui entreprirent aussitôt de creuser le canal, achevé en 1914 au prix de milliers de vies. Après l'invasion américaine de 1989, qui renversa le général Noriega, le canal fut rendu au Panama en 1999 et est devenu le moteur de sa prospérité.
La langue et la foi
On parle au Panama l'espagnol, mais ce carrefour cosmopolite résonne aussi d'anglais, de créoles caribéens et des langues de ses peuples autochtones : Gunas, Emberás et d'autres, dont certains vivent dans des territoires autonomes. Le pays est majoritairement catholique, avec une présence protestante notable, en particulier dans les communautés afro-antillaises venues construire le canal. La foi, les fêtes patronales et le carnaval rythment la vie.
La culture et l'art de vivre
La culture panaméenne est celle d'un carrefour. C'est le brassage des peuples : autochtones, Espagnols, Afro-descendants (venus des Antilles ou descendants d'esclaves), et descendants des ouvriers venus du monde entier creuser le canal. C'est l'art des molas, panneaux de tissu aux motifs colorés superposés, confectionnés par les femmes gunas. C'est la pollera, robe brodée des fêtes, la musique típica et la salsa, et un carnaval parmi les plus animés d'Amérique. À table règnent le sancocho (soupe de poulet), le riz, les fruits de mer et les fritures de plantain.