Le Svalbard
Archipel norvégien du Grand Nord, l'une des terres habitées les plus septentrionales du monde, royaume des ours polaires, des glaciers et de la nuit polaire, à mi-chemin du pôle.
avec Jan Mayen
+ russe, anglais
Le territoire en bref
Le Svalbard est un archipel norvégien de l'océan Arctique, à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle Nord, l'une des terres habitées les plus septentrionales de la planète. Ce territoire de la Norvège a un statut international unique, issu d'un traité qui permet aux ressortissants de nombreux pays d'y vivre et d'y travailler sans visa. Quelques milliers de personnes y résident, surtout à Longyearbyen, la localité de plus de mille habitants la plus au nord du monde, au sein d'une communauté internationale de Norvégiens, de Russes, de scientifiques et de gens venus de partout. Le Svalbard n'a jamais eu de population autochtone. Royaume des ours polaires et des glaciers, c'est un monde de glace, de charbon et de science.
La géographie
Le Svalbard est un monde de glace et de roche. Les glaciers recouvrent près des deux tiers de l'archipel et descendent des montagnes acérées jusqu'à des fjords profonds. La toundra arctique, libérée de la neige l'été, se couvre alors d'une flore rase et fragile. La faune règne : ours polaires, à peu près aussi nombreux dans la région que les habitants, rennes du Svalbard, renards polaires, morses et oiseaux de mer par milliers. Le climat polaire impose une longue nuit polaire en hiver, où le soleil ne se lève pas pendant des mois, propice aux aurores boréales, et un soleil de minuit continu en été.
L'histoire
Découvert inhabité par le navigateur néerlandais Willem Barentsz en 1596, l'archipel devint un grand centre de chasse à la baleine et au morse, où se croisaient marins néerlandais, anglais, russes et scandinaves. Au XXᵉ siècle vint l'ère du charbon : des compagnies norvégiennes et russes ouvrirent des mines et fondèrent des villes minières, dont Longyearbyen. En 1920, le traité du Svalbard reconnut la souveraineté de la Norvège tout en garantissant à tous les pays signataires un droit d'accès et d'exploitation. Aujourd'hui, le charbon décline et le Svalbard se tourne vers la recherche scientifique (climat, Arctique) et le tourisme ; il abrite aussi la Réserve mondiale de semences, qui conserve des graines de cultures du monde entier.
La langue et la foi
La langue du Svalbard est le norvégien, mais la population, très internationale, parle aussi le russe (dans la localité minière russe de Barentsburg), l'anglais et bien d'autres langues. L'archipel est de tradition chrétienne, surtout luthérienne comme la Norvège, et l'église de Longyearbyen, l'une des plus septentrionales du monde, est un lieu de rassemblement. Mais le Svalbard est avant tout une société sécularisée et cosmopolite, où l'appartenance à la petite communauté compte souvent plus que les origines ou les religions.
La culture et l'art de vivre
La culture du Svalbard est celle d'une communauté pionnière et internationale, façonnée par l'Arctique, la mine et la science. La vie s'organise autour de la solidarité face à un environnement extrême : on ne sort pas de la ville sans fusil, par précaution contre les ours polaires, et l'on ôte ses chaussures à l'entrée des maisons et de nombreux lieux publics, coutume héritée des mineurs. C'est le monde du chien de traîneau et de la motoneige, de l'observation des aurores et de la faune, et de la vie en commun pendant la nuit polaire. La cuisine mêle le renne, le poisson et les saveurs apportées par les habitants du monde entier.