Îles Salomon
Archipel de forêts et de lagons au cœur de la Mélanésie, terre de certains des plus anciens peuples du Pacifique et théâtre de grandes batailles, où l'on parle des dizaines de langues.
+ anglais, ~70 langues
Le pays en bref
Les Îles Salomon forment un archipel du Pacifique Sud, au cœur de la Mélanésie, à l'est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée : près de mille îles, dont six grandes, montagneuses et couvertes de forêt. Environ sept cent quarante mille personnes y vivent ; la capitale, Honiara, est sur l'île de Guadalcanal, un nom entré dans l'histoire. La diversité humaine y est considérable : on y parle près de soixante-dix langues. Peuplé très anciennement et resté largement rural, le pays vit surtout de la terre, de la mer et de la coutume.
La géographie
L'archipel est fait d'îles volcaniques, montagneuses et couvertes d'une épaisse forêt tropicale, entourées de lagons et de récifs coralliens. Le plus connu est le lagon de Marovo, l'un des plus grands du monde. Les eaux, très poissonneuses, comptent parmi les meilleurs sites de plongée de la planète, et de nombreuses épaves de la guerre y reposent. Posé sur la ceinture de feu, le pays connaît volcans, séismes et cyclones. Entre les îles, certains bras de mer sont chargés d'histoire, comme le détroit surnommé « Iron Bottom Sound » pour les navires qui gisent au fond.
L'histoire
Les Salomon comptent parmi les terres les plus anciennement peuplées du Pacifique : des humains y vivent depuis près de trente mille ans, bien avant la grande expansion austronésienne. Un navigateur espagnol, Mendaña, les baptisa en 1568 du nom du roi Salomon, croyant y trouver ses mines d'or. Devenu protectorat britannique, l'archipel fut, en 1942-1943, le théâtre de la bataille de Guadalcanal, tournant sanglant de la guerre du Pacifique entre Américains et Japonais. Indépendant en 1978, le pays a traversé des violences entre communautés au début des années 2000, mais reste une démocratie attachée à ses traditions.
Les langues et la foi
La diversité des langues aux Salomon est extraordinaire : près de soixante-dix langues pour moins d'un million d'habitants. Pour se comprendre d'une île à l'autre, on parle un pidgin (le pijin), né de l'anglais et des langues locales, tandis que l'anglais reste la langue officielle. Le pays est très majoritairement chrétien depuis l'arrivée des missionnaires, et la foi tient une grande place. Les croyances traditionnelles restent fortes : le respect des ancêtres, des esprits et de la terre coutumière (la kastom) régit encore une grande part de la vie.
La culture et l'art de vivre
La culture des Salomon est celle de la kastom, la coutume, au cœur de la vie de village. La terre appartient aux clans et se transmet selon des règles ancestrales, et les grandes cérémonies (mariages, réconciliations) s'accompagnent d'échanges de dons, dont la monnaie de coquillages, encore utilisée. Ce sont aussi les ensembles de flûtes de Pan aux polyphonies célèbres, les danses, les pirogues sculptées et l'art des incrustations de nacre. La vie tourne autour du jardin et de la pêche : taro, patate douce et poisson, souvent cuits dans un four de pierres.