Saint-Pierre-et-Miquelon
Petit archipel français de l'Atlantique Nord, au large de Terre-Neuve, dernier vestige de la Nouvelle-France, terre de pêcheurs battue par les brumes et les tempêtes.
Le territoire en bref
Saint-Pierre-et-Miquelon est un petit archipel français de l'Atlantique Nord, à une vingtaine de kilomètres des côtes de Terre-Neuve, au Canada : un morceau de France aux portes de l'Amérique du Nord. Collectivité d'outre-mer, c'est le dernier vestige de l'immense Nouvelle-France. Environ cinq mille huit cents personnes y vivent, sur les îles de Saint-Pierre, la plus peuplée, et de Miquelon-Langlade. Leurs ancêtres, venus surtout de Bretagne, de Normandie et du Pays basque, ainsi que d'Acadie, étaient des pêcheurs attirés par les eaux poissonneuses des grands bancs. Terre de brumes, de vent et de mer, l'archipel a longtemps vécu de la pêche à la morue.
La géographie
Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel aux paysages rudes et sauvages, balayé par les vents et souvent noyé dans la brume. Saint-Pierre, petite île rocheuse, concentre l'essentiel de la population autour de son port aux maisons colorées. Miquelon et Langlade, plus vastes et presque désertes, sont reliées par un long cordon de sable, l'isthme, entre collines pelées, tourbières, étangs et longues plages où viennent les phoques. Le climat, océanique et rigoureux, connaît des hivers neigeux et des étés frais.
L'histoire
Fréquenté dès le XVIᵉ siècle par des pêcheurs basques, bretons et normands venus exploiter les riches bancs de morue de Terre-Neuve, l'archipel devint une possession française durable, seule rescapée de la Nouvelle-France après la perte du Canada en 1763. Disputé entre la France et l'Angleterre, il fut plusieurs fois pris, vidé de ses habitants, puis rendu. La grande pêche à la morue le fit vivre pendant des siècles. Pendant la prohibition américaine, dans les années 1920, Saint-Pierre connut un âge d'or inattendu comme plaque tournante de la contrebande d'alcool vers les États-Unis. Après le déclin de la pêche, l'archipel est devenu une collectivité française d'outre-mer.
La langue et la foi
On parle à Saint-Pierre-et-Miquelon le français, avec un accent et des expressions hérités des origines bretonnes, normandes, basques et acadiennes des habitants. L'archipel est de tradition catholique, une foi apportée par ces populations de l'ouest de la France et longtemps au cœur de la vie de ces communautés de marins, où l'on priait pour ceux qui partaient sur les bancs. Les églises, les fêtes religieuses et les traditions de la mer témoignent de cet héritage.
La culture et l'art de vivre
La culture de Saint-Pierre-et-Miquelon est française et maritime, héritée des pêcheurs de l'ouest de la France et marquée par l'insularité et la proximité de l'Amérique du Nord. C'est la culture de la mer et de la morue, des doris (barques de pêche traditionnelles) et de leurs courses, des maisons de bois aux couleurs vives, d'un folklore basque et acadien encore vivant. On y célèbre les fêtes patronales et la fête basque, avec ses parties de pelote. La cuisine, surtout marine, fait la part belle à la morue, au homard, aux pétoncles, au chiard (ragoût local) et aux tourtières.