Soudan du Sud
La plus jeune nation du monde, terre du Nil et de grandes zones humides, patrie de peuples d'éleveurs aux cultures anciennes et fières.
+ dinka, nuer, arabe de Djouba…
Le pays en bref
Le Soudan du Sud est la plus jeune nation du monde : né en 2011 de sa séparation d'avec le Soudan, c'est le dernier pays à avoir été reconnu. Situé au cœur de l'Afrique, sans accès à la mer, il est traversé par le Nil Blanc. Près de douze millions de personnes y vivent, réparties entre de nombreux peuples, dont les grands peuples d'éleveurs dinka et nuer ; la capitale est Djouba. Riche en pétrole, mais parmi les pays les plus pauvres du monde, marqué par des décennies de guerre, le Soudan du Sud cherche encore sa stabilité.
La géographie
Le pays est dominé par le Nil Blanc, qui le traverse du sud au nord. En son cœur s'étend le Sudd, l'une des plus vastes zones humides du monde : un immense labyrinthe de marais, de papyrus et de chenaux où le fleuve s'étale et se perd. La faune y est extraordinaire, et la région accueille l'une des plus grandes migrations de mammifères de la planète, celle de millions d'antilopes. Autour s'étendent de vastes savanes et des plaines, et, au sud, des collines boisées et des forêts. Le climat, chaud, alterne saison sèche et saison des pluies, qui gonfle les marais.
L'histoire
Terre ancienne des peuples d'éleveurs nilotiques, la région fut ravagée au XIXᵉ siècle par les razzias esclavagistes venues du nord. À l'indépendance du Soudan, en 1956, le sud, africain et en partie chrétien, se retrouva dans un État dominé par le nord arabe et musulman. Il se souleva dans deux terribles guerres civiles qui durèrent, ensemble, près d'un demi-siècle. Après un référendum gagné à près de 99 %, le Soudan du Sud devint indépendant en 2011, dans la liesse. Dès 2013, la rivalité entre le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar plongea le pays dans une guerre civile qui fit près de quatre cent mille morts ; l'accord de paix de 2018 reste fragile.
Les langues et la foi
Le Soudan du Sud compte des dizaines de langues, dont le dinka et le nuer ; l'anglais a été choisi comme langue officielle, et un arabe simplifié, l'arabe de Djouba, sert de langue commune. Le pays est majoritairement chrétien, un marqueur d'identité face au nord musulman. Les religions traditionnelles, avec leur rapport sacré au bétail, aux ancêtres et aux esprits, restent très présentes, souvent mêlées au christianisme.
La culture et l'art de vivre
La culture sud-soudanaise est celle des grands peuples d'éleveurs, pour qui le bétail est à la fois une richesse et le cœur de la vie sociale, spirituelle et poétique. Chez les Dinka et les Nuer, on compose des chants pour son bœuf préféré, on en prend le nom, et l'initiation passait par des scarifications au front. On y voit des danses sautées, des colliers de perles et de hautes silhouettes drapées. La vie tourne autour du troupeau, du sorgho, du lait et du poisson du Nil.