Les Îles Turques-et-Caïques
Archipel britannique au sud des Bahamas, terre plate de sel et de récifs aux plages parmi les plus belles du monde, communauté afro-caribéenne au passé de saliniers et de naufrages.
sur l'île de Grand Turk
une quarantaine d'îles et d'îlots
Le territoire en bref
Les Îles Turques-et-Caïques forment un archipel britannique de l'Atlantique, au sud-est des Bahamas, dont il prolonge les bancs. Territoire britannique d'outre-mer, il se compose de deux groupes d'îles, les Turques, où se trouve la capitale, et les Caïques, plus vastes et plus peuplées : une quarantaine d'îles et d'îlots, dont huit seulement sont habités. Environ quarante-six mille personnes y vivent, surtout à Providenciales ; la capitale est Cockburn Town. Les insulaires de souche, les « Belongers », majoritairement afro-caribéens, côtoient de nombreux résidents étrangers. Connu pour ses plages et sa mer turquoise, l'archipel vit du tourisme et de la finance offshore.
La géographie
Les Îles Turques-et-Caïques sont des îles basses, plates et calcaires, sans relief ni rivières, couvertes de broussailles, de marais salants et de mangroves. Elles sont bordées d'un vaste système de récifs, d'où la beauté de leurs fonds. Leur richesse est marine : des plages de sable blanc parmi les plus réputées de la planète, comme Grace Bay, et des eaux turquoise où vivent coraux et raies, et où passent les baleines à bosse en hiver. D'anciens marais salants rappellent le passé. Le climat tropical, chaud et sec, expose les îles aux ouragans.
L'histoire
Peuplées par les Amérindiens taïnos (Lucayans), que les Espagnols réduisirent en esclavage et emmenèrent dès le début du XVIᵉ siècle, les îles restèrent longtemps désertes, fréquentées par les pirates. À partir du XVIIᵉ siècle, des saliniers venus des Bermudes y exploitèrent le sel des marais, longtemps la grande richesse de l'archipel. Des loyalistes américains y installèrent ensuite des plantations de coton, avec des esclaves africains, dont descend l'essentiel de la population. Après l'abolition de 1834, les îles vécurent modestement du sel, de la pêche et des naufrages, rattachées tour à tour aux Bahamas et à la Jamaïque. Devenues un territoire britannique distinct en 1973, elles ont connu à partir des années 1980 un essor rapide grâce au tourisme et à la finance ; en 2009, Londres y suspendit l'autonomie pendant trois ans pour cause de corruption.
La langue et la foi
La langue des Îles Turques-et-Caïques est l'anglais, dans un parler créole proche de celui des Bahamas, aux côtés du créole haïtien d'une importante communauté immigrée. Les îles sont de tradition profondément chrétienne et pratiquante, marquées par un protestantisme fervent : les Églises baptiste, méthodiste, anglicane et évangéliques y sont très présentes. La religion tient une place centrale dans la vie sociale, et le respect du dimanche rythme encore la semaine.
La culture et l'art de vivre
La culture des Îles Turques-et-Caïques est afro-caribéenne et maritime, héritée des saliniers, des pêcheurs et des marins. On y joue le ripsaw (ou rake-and-scrape), musique traditionnelle jouée en grattant une lame de scie, on danse le junkanoo venu des Bahamas, et les régates de voile rythment l'année. Les traditions du sel, de la vannerie, de la pêche à la conque et à la langouste restent vivantes. La cuisine met à l'honneur les produits de la mer : la conque, en beignets ou en salade, le poisson, la langouste, le riz aux pois.