Ouzbékistan
Le cœur de la route de la soie, terre des cités de Samarcande et de Boukhara et de leurs faïences bleues, au centre de l'Asie.
+ russe
Le pays en bref
L'Ouzbékistan occupe le cœur de l'Asie centrale, entre les grands déserts et les hautes montagnes, sans aucun accès à la mer : avec le Liechtenstein, c'est l'un des deux seuls pays au monde entourés uniquement de pays eux-mêmes sans littoral. Cette position centrale fut pourtant sa fortune pendant des siècles : l'Ouzbékistan est le cœur historique de la route de la soie, la grande voie des caravanes entre la Chine et l'Europe, et c'est ici que se dressent Samarcande et Boukhara. Environ trente-sept millions de personnes y vivent ; la capitale est Tachkent.
La géographie
Le pays est en grande partie désertique ou steppique : de vastes étendues arides couvrent le centre et l'ouest, dont le désert du Kyzylkoum. La vie se concentre là où coule l'eau, le long de deux grands fleuves descendus des montagnes, l'Amou-Daria et le Syr-Daria, dans des oasis verdoyantes et des vallées fertiles comme celle de Ferghana, le jardin de l'Asie centrale. À l'est se dressent les contreforts du Pamir et du Tian Shan. À l'ouest, une catastrophe écologique : la mer d'Aral, jadis immense, presque entièrement asséchée par l'irrigation du coton à l'époque soviétique.
L'histoire
Cette terre fut la Sogdiane des marchands, province de l'empire perse, puis conquise par Alexandre. Devenue musulmane, elle connut un âge d'or : c'est de Boukhara et du Khorezm que vinrent, entre le IXᵉ et le XIᵉ siècle, quelques-uns des plus grands savants de leur temps, Al-Biruni, Avicenne, et le mathématicien Al-Khwârizmî, dont le nom a donné le mot « algorithme ». Puis vint Tamerlan (Timour), le grand conquérant, qui fit de Samarcande sa capitale et la couvrit de monuments. Après des siècles de khanats, la région fut absorbée par l'Empire russe, puis devint une république soviétique. Indépendante en 1991, elle fut dirigée d'une main de fer par Islam Karimov jusqu'en 2016 ; son successeur, Chavkat Mirzioïev, a rouvert le pays.
Les langues et la foi
L'ouzbek est une langue turque, cousine du turc, du kazakh et du turkmène, écrite autrefois en arabe puis en cyrillique, et qui passe à l'alphabet latin ; le russe reste très répandu, héritage soviétique. Le pays est majoritairement musulman sunnite, d'un islam marqué par la grande tradition soufie d'Asie centrale, dont Boukhara fut l'un des plus grands foyers. Réprimée sous le régime soviétique, la religion a retrouvé sa place depuis l'indépendance.
La culture et l'art de vivre
L'Ouzbékistan, c'est d'abord son architecture : les grandes places et les madrasas de Samarcande, de Boukhara et de Khiva, inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO et couvertes de faïences bleues aux entrelacs infinis, comptent parmi les plus beaux monuments du monde islamique. L'artisanat y est réputé : soieries, tapis noués, céramiques, broderies suzani. L'hospitalité y règne autour du plov, le riz pilaf national, mijoté avec la viande, les carottes et les épices et servi à toutes les grandes occasions, et du pain rond doré, le non, que l'on ne pose jamais à l'envers. Le thé, la musique et la danse animent les fêtes.