Saint-Vincent-et-les-Grenadines
Une île volcanique et un chapelet d'îlots dans les Petites Antilles, terre de voile et de résistance, nation d'ascendance africaine et caraïbe.
+ créole vincentais
Le pays en bref
Saint-Vincent-et-les-Grenadines est un pays des Petites Antilles fait d'une île principale, Saint-Vincent, volcanique et verdoyante, et d'un chapelet d'une trentaine d'îles et d'îlots, les Grenadines, qui s'égrènent vers le sud. Environ cent mille personnes y vivent, en majorité d'ascendance africaine, et pour une part caraïbe ; la capitale est Kingstown. Les Grenadines, avec leurs mouillages et leurs eaux turquoise, sont un haut lieu de la voile. Saint-Vincent a une longue histoire de résistance, celle des « Caraïbes noirs », qui tinrent longtemps tête aux Européens.
La géographie
L'île de Saint-Vincent est volcanique, montagneuse et couverte d'une épaisse forêt tropicale, dominée par le volcan actif de la Soufrière, dont la dernière éruption, en 2021, a forcé l'évacuation de tout le nord de l'île. Ses côtes alignent des plages de sable souvent noir et des vallées cultivées. Au sud commence le chapelet des Grenadines : Bequia, Mustique, Canouan, Union, les Tobago Cays, petites îles de sable blanc entourées de lagons clairs et de récifs. Le climat tropical, adouci par les alizés, place l'archipel sur la route des ouragans : en 2024, Beryl a ravagé plusieurs des Grenadines.
L'histoire
Saint-Vincent fut l'un des derniers bastions des Kalinago (Caraïbes). Des Africains naufragés ou évadés s'y mêlèrent à eux pour former un peuple nouveau, les « Caraïbes noirs » ou Garifunas, qui résistèrent farouchement aux Britanniques sous leur chef Joseph Chatoyer, aujourd'hui héros national. Après leur défaite, en 1797, les Britanniques les déportèrent en masse vers l'île de Roatán, au large du Honduras, d'où la présence garifuna en Amérique centrale aujourd'hui. Les colons développèrent ensuite les plantations avec des esclaves africains, dont descend la majorité de la population. Britannique jusqu'au bout, le pays devint indépendant en 1979.
La langue et la foi
La langue officielle est l'anglais, mais les Vincentais parlent au quotidien un créole à base anglaise. Le pays est profondément chrétien, partagé entre l'anglicanisme, le méthodisme et d'autres Églises protestantes héritées des Britanniques, ainsi que le catholicisme, et la foi tient une grande place dans la vie sociale. Des traditions d'origine africaine persistent, et la mémoire des Garifunas reste vive.
La culture et l'art de vivre
La culture vincentaise est afro-caribéenne et maritime. Son grand rendez-vous est le Vincy Mas, le carnaval d'été, avec ses défilés, sa soca, son calypso et ses masques. Il y a aussi une forte tradition de construction navale et de pêche, notamment à Bequia, l'un des rares endroits au monde où l'on chasse encore la baleine à l'ancienne, sous un quota très limité. Le cricket, hérité de l'Angleterre, est une passion. La cuisine tourne autour du fruit à pain, rapporté de Tahiti en 1793 par le capitaine Bligh, celui de la Bounty, et du poisson frit, qui forment ensemble le plat national, avec des racines et des fruits de mer.